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Thème : Comment Rendre la Franc-Maçonnerie Attractive pour les Jeunes
GRAND ORIENT D’AUTRICHE
La
Franc-maçonnerie et la jeunesse Un tel oeuf a une forme élégante avec une surface toute lisse. Il est agréable au touché, dur et lourd, et de ce fait a l’air d’être compact. Un objet intéressant qui en plus promet une délectation une fois qu’on l’a ouvert. Mais voilà que nous affrontons la première difficulté: difficile à saisir, il roule et part tout seul, et de lui-même il ne reste pas debout sur sa base pour qu’on puisse l’ouvrir sur l’autre côté. En plus cet œuf garde un côté surprise, car avant de ne l’avoir ouvert, nous ne pouvons jamais être sûr de ce qui nous attend. «Comment rendre la Franc-maçonnerie attrayante pour les jeunes?», ce thème fut de même façon un bel œuf élégant et prometteur. Ainsi il y eut différentes approches d’ouverture de cet œuf, c. à d. différentes manières d’aborder le sujet. D’aucunes étaient de longue haleine et prudentes – tapoter et enlever la coquille du bout des doigts morceau par morceau. D’autres étaient pleines d’entrain et allaient droit au but – un coup net et puis tremper directement dans le jaune. Certaines furent infortunées comme le coup porté avec le couteau touchait l’œuf au mauvais endroit et le contenu mollet se déversait sans retenue sur l’assiette ou tellement maladroites que la coque, la forme se mélangeait au contenu réalisant ainsi un imbroglio difficilement comestible. Soit. Nous avons expérimenté différentes approches de ce thème et nous nous sommes confrontés au phénomène de l’œuf à la coque. D’abord se posait la question de savoir comment maîtriser le sujet? Comment disposer ou dresser l’œuf pour pouvoir l’ouvrir aisément. Franc-maçonnerie et Jeunesse ne serait-ce pas une contradiction implicite? Les loges ne sont-elles pas ces rencontres de vieux messieurs qui s’assoient ensemble et discourent d’importance? Qu’ont-ils à voir avec la jeunesse? Alors se posa la question de savoir où était le rond et le pointu de l’œuf? Est-ce que la jeunesse nous intéresse ou est-ce que la jeunesse s’intéresse à nous? Les deux? Ni l’un ni l’autre? En tout cas pour nous les réponses à la première partie de la question furent plus claires que celles à la seconde. Évidemment la jeunesse nous intéresse ou devrait nous intéresser, puisque c’est de là que sortiront nos frères et nos soeurs futures. Nous sommes donc tenus de les soutenir dans leur croissance, de les guider vers une vie maçonnique, de leur faire rencontrer sur leur chemin les idées et les idéaux maçonniques, de les encourager et de les accompagner. Quelle que fût la manière dont que nous essayâmes de craquer cet œuf, nous en revenions à la même constatation : l’approche que la maçonnerie peut avoir de la jeunesse dépend de la conception qu’a la franc-maçonnerie d’elle-même. Et oui disaient les uns, c’est ça ! Nous devons ouvrir nos portes, devenir modernes et intéressants pour la jeunesse, actifs et dynamiques. Attention, avertissaient les autres. La Franc-maçonnerie a besoin d’hommes mûrs qui ont de l’expérience et de l’assurance. Elle n’est point un marché ouvert avec coin de jeux pour les petits. Mais quel âge ont-ils, ceux à qui nous nous intéressons ? De qui parlons-nous lorsque nous parlons de jeunesse ? Le choix de la stratégie dépend toujours de l’objectif. Par jeunesse on entend la période entre l’enfance et la vie adulte. Le temps des combats intérieurs et extérieurs, de l’alternance entre l’espoir et le désarroi, entre l’amour et les blessures, entre l’omnipotence et l’impuissance. Une période belle et en même temps difficile. En tout cas l’âge auquel beaucoup se décident pour cet adulte en herbe, où ils remettent en question des valeurs intrinsèques et s’en créent de nouvelles. Une période pendant laquelle des idées et des idéaux, également maçonniques, peuvent se concrétiser, s’ils sont présentés de façon adéquate. Allons-y doucement, nous mettent en garde d’autres frères, nous ne faisons pas de prosélytisme et nous voulons éviter les erreurs de ces mères ambitieuses qui de par leur insistance incitent tôt ou tard leurs rejetons à la rébellion. Cherchez et vous trouverez. Bien sûr nous ne parlons pas de prosélytisme, car en fin de compte la maçonnerie reste plutôt un secret qu’une idéologie ! Néanmoins nous pensons avoir des choses à proposer à la jeunesse. Et quoi, nous demandent les sceptiques ? N’avions-nous pas dit que nous ne partagions pas grand chose avec la jeunesse et que nous exigions au contraire que ce soient des hommes mûrs qui nous rejoignent. Mais qui parle de rejoindre ou d’initier? Nous parlons d’organisation en aval. Camp de scouts? Colonies de vacances? Cours de danse maçonniques? Pourquoi tant de sarcasmes ? Réfléchissons plutôt aux besoins de la jeunesse. La jeunesse est à la recherche d’orientation, disent les publications, les association sont out, ce sont les bandes qui sont in. Seul, le présent importe, le futur intéresse tout au plus, quant au passé, il peut attendre. Les valeurs dépendent de l’air du temps, elles sont variables et éphémères. Reste un besoin de stabilité et à une époque de surinformation, un attrait pour le mystère. Donc nous sommes sur la bonne voie : valeurs sûres et secret. Avec ces deux atouts nous devrions être capables de marquer des points sur ce marché. Mais avant que notre groupe-cible accepte l’offre, il faut qu’il la reconnaisse comme telle. Malgré toute sa beauté, notre œuf reste une nébuleuse spirale invendable. Le client veut savoir à quoi lui servira le produit. Serions-nous obligé de faire de la publicité, de l’extériorisation ? Nous qui songions tellement à notre couverture? Nous promouvoir et nous découvrir ? Quantité au lieu de qualité? Ne forçons pas les choses, personne ne veut jeter le bébé avec l’eau du bain. Premièrement, il y a une nuance entre faire de la pub, c. à d. du prosélytisme, voire fayotage, persuasion ou manipulation et informer qui revient d’avantage à inviter à la discussion et à une réflexion critique commune. Ce qui revient à dire : rester autonome et autocritique, en tout cas dans une position neutre face à une position concurrente. Deuxièmement, par la forme de nos messages nous sommes capables de réguler l’afflux de ceux qui se sentent attiré par notre offre. Voilà le premier pas nécessaire si jamais nous nous décidons à engager l’action : quelle jeunesse voulons-nous atteindre? Pour quels jeunes notre offre est-elle bonne et lesquels d’entre eux nous conviennent? Où et comment allons-nous les atteindre? Et puis un centre, un centre d’information librement accessible pour tous, non seulement virtuel mais un véritable échange entre humains réels et physiquement présents. Montrer ce que nous faisons et ce à quoi nous aspirons. Et puis des projets, des projets concrets pour les jeunes, pour soutenir les jeunes qui en ont besoin, mais également des projets réclamant leur participation et leur coopération. Et oui, des idées il y en a beaucoup. Nous avons besoin de frères et de sœurs désireux et capables d’effectuer le travail préparatoire, base indispensable pour passer de la théorie à la pratique. Si nous réfléchissons à tout ce que nous ont dit les planches et les discussions ces derniers mois, si nous considérons les besoins de la jeunesse et nos propres possibilités, si nous n’excluons pas ces jeunes en raisons de critères relevant plus de la forme que du fond, mais si nous reconnaissons en eux nos futurs frères et nos futures sœurs, nous avons alors non seulement une chance mais bien d’avantage une mission : Montrer un autre aspect de ce monde, contraire aux façades tentatrices, éphémères de l’esprit du temps, aux idéologies polarisantes et aux courants destructifs. Cela semble être une charge satisfaisante, un devoir avantageux que de construire et de proposer un port dans lequel de jeunes gens pourront trouver refuge contre les intempéries et les tempêtes que doivent trop souvent essuyer les adolescents et les jeunes adultes. Et comme nous le disons pour clore notre tenue solennelle : "Ici à l'intérieur la dignité humaine et la fraternité régissent nos paroles, que dans la vie profane elles régissent nos actes." La fraternité régissait bien nos paroles… Nous avons bien ouvert l’œuf, mais nous ne l’avons toujours pas mangé. F:. Christian Röck, Orateur de la R:. L:. „Aux Trois Miroirs“ GO d’Autriche, Or:. de Vienne en avril 2005
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