Montreal/2006

Thème : De la Théorie à la Pratique

- Théorie : Système organise d'idées, de concepts parfois abstraits.

 

- Pratique : Passer de la pensée, de la parole à l'acte qui vise à des résultats concrets.

 

Pour la pratique, la théorie est un repère.

 

Notre engagement maçonnique nous ouvre à celui de notre vie citoyenne. Il remet en question notre place dans la société.

 

Il nous engage à découvrir notre façon personnelle d'y être un maillon conscient et actif.

 

Les valeurs que nous défendons sont-elles utopiques et universelles? Sont-elles encore d'actualite, progressent-elles ou sont-elles les moteurs du progres?

 

La Franc-maçonnerie est le reflet de la societe dans laquelle elle évolue et nous devons prendre soin de replacer les faits et Ies propos dans leur contexte culturel et historique.

 

Dans la Franc-Maçonnerie operative, le niveau sert à  « justifier et niveler » les pierres. En Franc-Maçonnerie spéculative, le niveau a son sens figuré afin de construire et niveler l'égalité tant au sein de la Loge que dans la vie profane. Cette égalité peut être considérée comme l'opportunité de rencontrer des Frères et des Sœurs que nous n'aurions jamais eu l'occasion de rencontrer dans la vie profane et d'avoir avec eux un échange dans le respect de la liberté de conscience de chacun. Cette idée, née au ı8eme siècle correspond à une volonté cosmopolite des esprits éveillés de l'époque et c'est ainsi que s'est développée la Franc-Maçonnerie en Europe et dans les colonies où on retrouve la devise: « Liberté Egalité Fraternité » sur les bâtiments officiels.

 

Les Francs-Maçons considerent comme un devoir de travailler au progrès de l'humanité et donc à la liberté, l'égalité et la fraternité. Il faut donc toujours se remettre en question car l'égalité est à géométrie variable. Par exemple, la situation de la femme dans le domaine profane. Bien des progrès restent encore ıl faire car ces dernières ne sont pas une minorite qu'il faut proteger: elles sont la moitie de l'humanite. Ainsi la parite politique s'impose-t-­elle parce que la lutte des classes jusqu'ici été privilégiée par rapport à la lutte des sexes.

 

Dans la société profane la notion d'égalité provoque un débat democratique et perpetuel à jamais inachevé tout comme la construction de notre temple. C'est par la résistance à l'injustice et par la réflexion que la Franc-maçonnerie peut y contribuer. Parce qu'à l'intérieur comme à l'extérieur du temple, le pouvoir n'est acceptable que s'il permet le fonctionnement harmonieux du groupe. Toujours est- il qu'en théorie, à l'intérieur du temple, le rituel maçonnique est respecté par toutes. Notre travail sur nous-mêmes, nos voyages et notre ouverture vers autrui, nous enrichissent dans cette recherche de l'égalité pour toutes. La loge est cette structure qui no us donne possibilité d'évolution égale dans le respect de nos capacités, de nos aptitudes et de notre rythme. Le travail no us enrichit de toutes nos différences.

 

La Franc-maçonnerie n'est pas une réponse à nos problèmes, elle est notre chantier. Chantier où il nous faut œuvrer chacun et chacune en toute égalité et se1on nos compétences.

 

C'est dans le quotidien que nous prenons modestement conscience que pratiquer ces principes d'égalité demande « de longs et pénibles efforts et que l'heure n'est pas encore arrivée ».

 

Le pluralisme des croyances est essentiel pour satisfaire la variété des dispositions mentales de l'humanité.

 

Quelle que soit la tradition religieuse ou la philosophie abordée, les notions de fraternité, d'amour, de compassion forment une sorte de fonds commun des religions et de la Franc-maçonnerie. La fraternité est une pratique. C'est une étreinte qui nous enveloppe avec tous les êtres, c'est un dépassement de l'égocentrisme humain jusqu'ıl des limites jamais imaginées par le moi et, moins encore, cherche par lui.

 

La franc-maçonnerie comme les religions doit comprendre, apprendre et pratiquer. Nous avons des outils pour tailler notre pierre mais n'oublions pas que chacune de ces pierres doit s'imbriquer dans un même édifice d'harmonie et d'entraide.

 

Pour contrebalancer la dérive des institutions religieuses, un mouvement comme la laïcité vise à la neutralité, entend construire une société juste, progressiste et fraternelle, dotée d'institutions publiques impartiales,

garantes du respect de la personne et des droits humains, assurant à chacun la liberté de pensée et d'expression ainsi que l'égalité de tous devant la loi sans distinction de sexe, d'origine, de cu1ture ou de conviction.

 

Le plus beau cadeau que quelqu'un puisse vous faire n'est pas de vous aimer mais de vous apprendre à vous aimer.

 

Un des premiers liens fraternels est tissé par la marraine de la nouvelle initiée ; ce lien se construit, s'entretient selon la volonté de chacune. Pour que le lien fraternel s'établisse, la responsabilité de toutes les soeurs est importante et essentielle pour la vie de l’atelier.

 

Le sens de la responsabilité coïncide parfaitement avec le respect des engagements pris. Avant d'agir, il est indispensable d'analyser la situation et de coïncide ses propres limites

 

Dans chaque profane qui frappe à la porte du temple, les Maîtresses Maçonnes doivent déceler les qualités indispensables à l'initiation : honnêteté, tolérance, respect, générosité, franchise.

 

A chaque nouveau maillon qui nous rejoint, nous allons transmettre les outils, les méthodes et les symboles utilisés en Franc-Maçonnerie. C'est à lui d'apprendre à en faire bon usage.

 

Mais, apprend-on à être fraternel? Le devient-on? Pouvons-nous transmettre la fraternité comme on transmet des idées?

 

La profane qui entre en Franc-maçonnerie va peu à peu sentir cette fraternité et, en toute confiance, développer ce sentiment qui, parfois, est enfoui dans son inconscient. Timidement au début, puis de plus en plus activement, l'Apprentie Maçonne va démontrer que cette qualité, préalablement décelée par les Maîtresses, est un atout qui fera d'elle un véritable lien dans la chaîne que forment les Francs-Maçons.

Ne nous trompons pas sur la démarche. Dynamiser son énergie intérieure, sa lumière personnelle, n'est pas de l'égoïsme.

 

Plutôt prête à donner, par la nature de son rayonnement, l'initiée, maîtresse d'elle-même, est regardée comme étant un étrange personnage venu d'ai11eurs : une étrangère. Nous contenterons-nous d'un « donné-reçu » vite fait ou serons-nous à même de reconnaître la véritable profondeur du don de l'autre?

 

A qui profite la bonne conscience de la « pseudo-générosité »? Vous avez dit « Théorie »?

 

Dans le souci de bien faire, dans la concentration et le respect de la règle rituelle utile à l'harmonie du groupe, la Sœur Maîtresse transmet, par le geste, par le mot et, impérativement, par l'exemple, une méthode de travail sur soi.

 

Elle par1e et agit symboliquement tandis que la Sœur Apprentie, silencieuse capte et tente de discerner ce qui, en elle-même, sera le ferment nécessaire au développement de ses atouts personnels. La Sœur Apprentie découvre ses qualités et ses faiblesses; les qualités et les faiblesses de l'autre. Les prises de conscience sont leur moteur commun.

 

L'échange semble difficile des lors que l'une par1e et l'autre a l'obligation de se taire. Néanmoins, leur persévérance va conduire l'une et l'autre à rechercher le terrain idéal de la communication. La méditation et le retour à la source intérieure vont mener chacune d'elle à adopter une attitude volontairement active et, contrairement aux prejugés, le silence s'avérera aussi fertile que le discours.

 

La Sœur Maîtresse reconnaît la sagesse du silence. La Sœur Apprentie apprend à par1er en «sage ». Elles deviennent Compagnonnes et, sur leur chemin devenu commun, la profondeur de la reflexion constructive s’installe.

 

La théorie inscrite dans le texte peut se révéler réductrice lorsqu'elle n'est pas métamorphosée par l'expérience pratique. Chacune peut en user, dans sa manière d'adapter son « être présent », utile à la richesse de l'échange et de l’évolution.

 

La richesse de l'échange des initiées pourrait résider dans cette générosité fraternelle véritable, concrétisée par le profond travail personnel qui conduit chaque Franc-maçonne à nourrir une attitude interne sereine et lumineuse qui encouragera l'autre à chercher et trouver sa propre dimension existante, au-delà des générosités de surface alimentées par les bons sentiments de la bonne conscience démagogique.

 

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