Thème : De
la Théorie à la Pratique
- Théorie :
Système organise d'idées, de concepts parfois abstraits.
- Pratique :
Passer de la pensée, de la parole à l'acte qui vise à des
résultats concrets.
Pour la
pratique, la théorie est un repère.
Notre
engagement maçonnique nous ouvre à celui de notre vie
citoyenne. Il remet en question notre place dans la société.
Il nous engage
à découvrir notre façon personnelle d'y être un maillon
conscient et actif.
Les valeurs
que nous défendons sont-elles utopiques et universelles?
Sont-elles encore d'actualite, progressent-elles ou
sont-elles les moteurs du progres?
La
Franc-maçonnerie est le reflet de la societe dans laquelle
elle évolue et nous devons prendre soin de replacer les
faits et Ies propos dans leur contexte culturel et
historique.
Dans la
Franc-Maçonnerie operative, le niveau sert à « justifier et
niveler » les pierres. En Franc-Maçonnerie spéculative, le
niveau a son sens figuré afin de construire et niveler
l'égalité tant au sein de la Loge que dans la vie profane.
Cette égalité peut être considérée comme l'opportunité de
rencontrer des Frères et des Sœurs que nous n'aurions jamais
eu l'occasion de rencontrer dans la vie profane et d'avoir
avec eux un échange dans le respect de la liberté de
conscience de chacun. Cette idée, née au ı8eme
siècle correspond à une volonté cosmopolite des esprits
éveillés de l'époque et c'est ainsi que s'est développée la
Franc-Maçonnerie en Europe et dans les colonies où on
retrouve la devise: « Liberté Egalité Fraternité » sur les
bâtiments officiels.
Les
Francs-Maçons considerent comme un devoir de travailler au
progrès de l'humanité et donc à la liberté, l'égalité et la
fraternité. Il faut donc toujours se remettre en question
car l'égalité est à géométrie variable. Par exemple, la
situation de la femme dans le domaine profane. Bien des
progrès restent encore ıl faire car ces dernières ne sont
pas une minorite qu'il faut proteger: elles sont la moitie
de l'humanite. Ainsi la parite politique s'impose-t-elle
parce que la lutte des classes jusqu'ici été privilégiée par
rapport à la lutte des sexes.
Dans la
société profane la notion d'égalité provoque un débat
democratique et perpetuel à jamais inachevé tout comme la
construction de notre temple. C'est par la résistance à
l'injustice et par la réflexion que la Franc-maçonnerie peut
y contribuer. Parce qu'à l'intérieur comme à l'extérieur du
temple, le pouvoir n'est acceptable que s'il permet le
fonctionnement harmonieux du groupe. Toujours est- il qu'en
théorie, à l'intérieur du temple, le rituel maçonnique est
respecté par toutes. Notre travail sur nous-mêmes, nos
voyages et notre ouverture vers autrui, nous enrichissent
dans cette recherche de l'égalité pour toutes. La loge est
cette structure qui no us donne possibilité d'évolution
égale dans le respect de nos capacités, de nos aptitudes et
de notre rythme. Le travail no us enrichit de toutes nos
différences.
La
Franc-maçonnerie n'est pas une réponse à nos problèmes, elle
est notre chantier. Chantier où il nous faut œuvrer chacun
et chacune en toute égalité et se1on nos compétences.
C'est
dans le quotidien que nous prenons modestement conscience
que pratiquer ces principes d'égalité demande « de longs et
pénibles efforts et que l'heure n'est pas encore arrivée
».
Le pluralisme
des croyances est essentiel pour satisfaire la variété des
dispositions mentales de l'humanité.
Quelle que
soit la tradition religieuse ou la philosophie abordée, les
notions de fraternité, d'amour, de compassion forment une
sorte de fonds commun des religions et de la
Franc-maçonnerie. La fraternité est une pratique. C'est une
étreinte qui nous enveloppe avec tous les êtres, c'est un
dépassement de l'égocentrisme humain jusqu'ıl des limites
jamais imaginées par le moi et, moins encore, cherche par
lui.
La
franc-maçonnerie comme les religions doit comprendre,
apprendre et pratiquer. Nous avons des outils pour tailler
notre pierre mais n'oublions pas que chacune de ces pierres
doit s'imbriquer dans un même édifice d'harmonie et
d'entraide.
Pour
contrebalancer la dérive des institutions religieuses, un
mouvement comme la laïcité vise à la neutralité, entend
construire une société juste, progressiste et fraternelle,
dotée d'institutions publiques impartiales,
garantes du
respect de la personne et des droits humains, assurant à chacun
la liberté de pensée et d'expression ainsi que l'égalité de tous
devant la loi sans distinction de sexe, d'origine, de cu1ture ou
de conviction.
Le plus beau
cadeau que quelqu'un puisse vous faire n'est pas de vous aimer
mais de vous apprendre à vous aimer.
Un des premiers
liens fraternels est tissé par la marraine de la nouvelle
initiée ; ce lien se construit, s'entretient selon la volonté de
chacune. Pour que le lien fraternel s'établisse, la
responsabilité de toutes les soeurs est importante et
essentielle pour la vie de l’atelier.
Le sens de la
responsabilité coïncide parfaitement avec le respect des
engagements pris. Avant d'agir, il est indispensable d'analyser
la situation et de coïncide ses propres limites
Dans chaque
profane qui frappe à la porte du temple, les Maîtresses Maçonnes
doivent déceler les qualités indispensables à l'initiation :
honnêteté, tolérance, respect, générosité, franchise.
A chaque nouveau
maillon qui nous rejoint, nous allons transmettre les outils,
les méthodes et les symboles utilisés en Franc-Maçonnerie. C'est
à lui d'apprendre à en faire bon usage.
Mais, apprend-on à
être fraternel? Le devient-on? Pouvons-nous transmettre la
fraternité comme on transmet des idées?
La profane qui
entre en Franc-maçonnerie va peu à peu sentir cette fraternité
et, en toute confiance, développer ce sentiment qui, parfois,
est enfoui dans son inconscient. Timidement au début, puis de
plus en plus activement, l'Apprentie Maçonne va démontrer que
cette qualité, préalablement décelée par les Maîtresses, est un
atout qui fera d'elle un véritable lien dans la chaîne que
forment les Francs-Maçons.
Ne nous trompons
pas sur la démarche. Dynamiser son énergie intérieure, sa
lumière personnelle, n'est pas de l'égoïsme.
Plutôt prête à
donner, par la nature de son rayonnement, l'initiée, maîtresse
d'elle-même, est regardée comme étant un étrange personnage venu
d'ai11eurs : une étrangère. Nous contenterons-nous d'un «
donné-reçu » vite fait ou serons-nous à même de reconnaître la
véritable profondeur du don de l'autre?
A qui profite la
bonne conscience de la « pseudo-générosité »? Vous avez dit «
Théorie »?
Dans le souci de
bien faire, dans la concentration et le respect de la règle
rituelle utile à l'harmonie du groupe, la Sœur Maîtresse
transmet, par le geste, par le mot et, impérativement, par
l'exemple, une méthode de travail sur soi.
Elle par1e et agit
symboliquement tandis que la Sœur Apprentie, silencieuse capte
et tente de discerner ce qui, en elle-même, sera le ferment
nécessaire au développement de ses atouts personnels. La Sœur
Apprentie découvre ses qualités et ses faiblesses; les qualités
et les faiblesses de l'autre. Les prises de conscience sont leur
moteur commun.
L'échange semble
difficile des lors que l'une par1e et l'autre a l'obligation de
se taire. Néanmoins, leur persévérance va conduire l'une et
l'autre à rechercher le terrain idéal de la communication. La
méditation et le retour à la source intérieure vont mener
chacune d'elle à adopter une attitude volontairement active et,
contrairement aux prejugés, le silence s'avérera aussi fertile
que le discours.
La Sœur Maîtresse
reconnaît la sagesse du silence. La Sœur Apprentie apprend à
par1er en «sage ». Elles deviennent Compagnonnes et, sur leur
chemin devenu commun, la profondeur de la reflexion constructive
s’installe.
La théorie
inscrite dans le texte peut se révéler réductrice lorsqu'elle
n'est pas métamorphosée par l'expérience pratique. Chacune peut
en user, dans sa manière d'adapter son « être présent », utile à
la richesse de l'échange et de l’évolution.
La
richesse de l'échange des initiées pourrait résider dans cette
générosité fraternelle véritable, concrétisée par le profond
travail personnel qui conduit chaque Franc-maçonne à nourrir une
attitude interne sereine et lumineuse qui encouragera l'autre à
chercher et trouver sa propre dimension existante, au-delà des
générosités de surface alimentées par les bons sentiments de la
bonne conscience démagogique.