Montreal/2006

Thème : De la Théorie à la Pratique

La Grande Loge  du Nord de la Colombie partage l'approche d’apres  laquelle l'éducation est l'alternative principale pour atteindre  un développement humain plus harmonieux, plus véritable, pour faire reculer la pauvreté, l'exclusion, les incompréhensiones, les oppressions, le fanatisme et les guerres. L'éducation, la science et la technologie sont des facteurs essentiels dans la route  vers la paix et le développement humain avec équité.

Si on étudie la signification de l’éducation à travers notre histoire, si on  analyse les propositions qui  ont été posées, les polémiques qui ont été dégagées, et les débats publics qui ont été effectués, on trouvera que ceux-ci sont des éléments indispensables a fin de  créer des propositions viables et concrètes pour le présent, et sont les bases pour projeter le futur, avec l'objectif central de considérer l'éducation comme un but national et universel.

Ce n’est que de cette manière que l'éducation pourra  répondre le défi transcendantal auquel elle fait face à l'heure actuelle, c'est-à-dire, au dépassement des grandes tensions d'aujourd'hui entre ce qui est local et ce qui est mondial, entre ce qui est universel et ce qui est singulier, entre la tradition et la modernité, entre le long terme et le court terme, entre la concurrence nécessaire et la préoccupation pour l'égalité d'opportunités, entre le développement extraordinaire des connaissances et la capacité d'assimilation de l'être humain, en fin, entre ce qui est spirituel et ce qui est matériel.

Pour analyser les antécédents, construire le présent et projeter le futur, on  doit se  demander : Quel est le véritable sens de l'éducation? Quelle signification a pour nous comme êtres humains?, Compatit ce niveau d'instruction élémentaire avec une aspiration réellement éprouvée ?.

L'éducation à travers le temps a été touchée par les tendances économiques des peuples. Actuellement pour la majorité des analystes le modèle de développement néo-libéral est incompatible avec le renforcement nécessaire des secteurs sociaux du développement. Mais la Banque Mondiale le considère d'une autre manière: "Le bon fonctionnement des marchés  génère de sorte habituelle et naturelle une justice sociale plus grande". La distance entre les citations des experts et la vaste réalité sociale  augmente apparemment de plus en  plus. Le néo-libéralisme privilégie le  marché sur l'état et encourage l'insertion internationale en dépi d'une fragmentation sociale énorme.  Celui-ci considère que la croissance économique mène au développement et à l'équité sociale, proroge la solution des problèmes d’inégalité et pauvreté avec l'illusion que la libre concurrence donne lieu à une plus grande justice sociale. On ne doit pas globaliser la pauvreté, l'analphabétisme, le chômage, le fanatisme, l'exclusion sociale. Globalisons le bien-être, la liberté, l'égalité et la fraternité. Les pays développés doivent conduire leurs efforts vers la généralisation d'une vie digne, que celle-ci soit une valeur pour le service de tous. La globalisation a fait dévoiler des résultats pas du tout satisfaisants, apercevons quelques indicateurs : la participation dans les revenus du 20% plus riche de la population mondiale est  de 87%  lorsque dans la décennie des années soixante elle était de 60%. Le coefficient d'inégalité ou de Gini a gravement monté entre la décennie  du 60 et celle du 90, est passée  de 0.69  à 0.87. Quand l'espoir de vie en Sierra Leone est de 33.6 ans, au Japon  c’est de 79.8 ans. Quand l'alphabétisation dans les pays riches atteint  presque à 100%, en Níger elle  est de 13%. Quand en Ruanda le revenu par habitant est  de US352, à Luxembourg il est de US34.153.  Si l'indice de développement humain, selon l'ONU,  renvoie à trois aspects : éducation, niveau des revenus  et espoir de vie, alors Qu'est-ce que nous sommes en train de globaliser?

Celle-ci est la dure réalité, la question indispensable est donc,  Comment devons-nous entreprendre le chemin pour changer cette situation, depuis notre Ordre Maçonnique, et chercher le bien-être et le sens de la vie pour tous ?

La réponse est dans le facteur éducation, l'éducation dès son fondement plus élémentaire est le pilier  essentiel pour la formation du nouveau citoyen. Dans la Maçonnerie nous considérons qu'en travaillant sur l'éducation la transformation de l'homme peut s’effectuer pour arriver à une humanité plus civilisée.

L'éducation pour le nouveau millénaire doit être fondée sur  les cinq piliers que propose l'UNESCO : Apprendre à connaître,  apprendre à vivre ensemble,  apprendre à vivre avec les autres, apprendre à être, et apprendre à faire.

Apprendre à connaître. Ceci a une grande importance, il ne s'agit pas seulement d'amasser une information, mais de chercher la signification des choses. Il s’agit que la personne est capable de penser, être interrogée, de s'inquiéter, de prendre des décisions et d'arriver à des conclusions. C’est donc,  d’arriver  à la connaissance. En Maçonnerie nous acceptons comme vérité, tout ce qui peut être prouvé par la science, l'expérience, ou démontré par l'intelligence, autrement dit, la faculté de pénétrer dans la cause  des choses le plus profondément possible.  Plus on analyse et pénètre la chose étudiée, plus on  est  véridique,  raisonnable.

Apprendre à vivre ensemble. Comme le  dit notre liturgie de premier degré, le degré d'apprenti : "L'homme doit connaître, aimer et respecter à ses  confrères. En les connaissant il prendra  chaque homme par un frère, égal dans des passions et faiblesses et par conséquent vulnérable  et manquant  d'appui ou d'enseignement. Il doit les aimer, c'est-à-dire, s'efforcer à détruire la superstition et le fanatisme... Il doit aussi les respecter, en ne limitant jamais l'exercice légitime des droits ou le développement rationnel des facultés d'un proche, pour que le progrès indéfini de l'humanité ne soit pas arrêté ".

Apprendre à vivre avec les autres. Ici c’est décisif le sujet de la laïcité dans l'éducation. Comme le dit la charte de Curitiba, signée au Brésil dans le cadre de la seconde Conférence Maçonnique Américaine - COMAM - le 19 février 2006 e:.v :. : "Les états doivent être laïques, en procurant ou en maintenant dans leurs constitutions et lois, des principes qui permettent la coexistence pacifique de toutes les doctrines. Que la formation de personnes avec liberté de conscience sans preconcept  soit une réalité, pour qu'ils puissent être des citoyens libres et ouverts à un idéal de paix et liberté entre les peuples ".

Apprendre à vivre ensemble, apprendre à vivre avec les autres. Il ne s'agit pas de la société utopique sans conflits. Le conflit et la violence sont composants de la condition humaine qu'on peut naturellement adoucir par l'utilisation de nos élans, si naturels comme, ceux de la coopération et la fraternité. Il s'agit d'apprendre à analyser et à dépasser les conflits. Les statistiques apprennent qu'en Colombie durant les dernières 25 années 500 mille homicides se sont présentés. Aura notre éducation l'obligation de réfléchir  sur cette tragédie et apporter des alternatives de solution ?

Apprendre à être. Dans notre liturgie du degré d'apprenti maçon on  se demande : "Ce que l’homme se doit  a  lui-même ", ayant comme réponse : "L'homme a le devoir  avec lui-même d'étudier, d'être instruit, procurer son développement physique, moral et intellectuel. Nous devons faire l’effort  d’arriver à nous connaître à nous-mêmes, pour corriger nos défauts et faiblesses, et encourager notre dignité, de sorte qu’on possède  conscience absolue de nos obligations et nos droits, a fin de  réclamer ceux-ci avec énergie et puissance  et n’excuser jamais l'accomplissement  de celles-là ".

Une approche  de la  pensée philosophique, appelée "le Réalisme Esthétique", fondée en 1949 dans la ville de New York, par le philosophe américain Eli Siegel, soutient qu'il y a quatre principes de base que toute personne doit savoir et comprendre pour pouvoir être accompli comme personne. Avec la connaissance de ces principes de base on peut éliminer dans l'humanité l'injustice, la violence, le racisme, le fanatisme, l'intolérance...., etc.

1. - Le désir plus grand de toute personne est celui d'aimer le monde sur une base honnête ou juste.
2. - Le plus grand détriment pour une personne est d'éprouver  mépris par le monde et ce qu'il y a dedans.
3. - Le mépris est défini comme faire diminuer   ce qui est différent de soit-même, comme un moyen de se faire plus grand.
4. - Toute beauté est de faire l'union  de ce qui est opposés, et lier les  opposés c’est ce que nous essayons d'obtenir toujours dans nous-mêmes.

Le Réalisme Esthétique soutient que le monde, l'art, et l'être humain  s’expliquent l’un  à l'autre; chacun est l'unité esthétique  des opposés. Étant compris par unité esthétique l'union harmonieuse, sans conflit et qui s’accordent entre eux pour travailler ensemble, bien que contraires par nature.

La Maçonnerie a toujours eu comme norme  de conduite,  ce qui est juste,  ce qui est beau et ce qui est vrai. Celle-ci est  en principe  une institution absolument formatrice, enseignante par excellence, consacrée à travers les siècles à la tâche noble et généreuse de former un type idéal d'homme cultivé, solidaire, fraternel, tolérant, amant de la vérité et la beauté, libre de préjugés et dogmes.

Apprendre à faire. Mais la seule connaissance n'est pas suffisante, on ne fait rien de savoir beaucoup de choses, si on ne  met pas en pratique ces connaissances. Nous devons passer de la théorie à la pratique, de la théorie à l'action. Pour cela le bijou essentiel du maçon dans le Tall : C’est le mandil, symbole d'amour au travail, de dépassement, de joie par le devoir accompli. La méthode de travail maçonnique représente un des meilleurs instruments du perfectionnement humain. Ce qui veut dire que la maçonnerie n'est pas seulement théorie, elle est  aussi pratique, on parle avec des faits, avec des actions.  Être un bon maçon n’est pas seulement celui qui étudie, mais celui qui fait des recherches et écrit, on a besoin que son esprit philanthropique et caritatif pousse. En maçonnerie le travail est symbolique, philosophique, spirituel mais réel, il faut mettre en pratique ce qui est étudié et on apprend dans les loges,  l’apporter à la famille, à son travail, à la société en général. Les maçons travaillent dans des loges  en échangeant des avis divers pour  se créer  un critère, et ensuite à l'extérieur les massons transmettent ses idées au monde profane.

La philosophie la plus pratique, belle et fonctionnelle du monde ne produit pas de fruits, ne produit pas de résultats toute seule, c’est lettre morte si on ne la  met pas en place, c'est-à-dire, si elle n'aboutit pas dans  l'action transformatrice, dans le travail créatif. L'éducation comprend beaucoup de terrains, mais n’en  cultive rien. Un anonyme a laissé la raisonnement suivant : "Le travail est la base de tout commerce, la source de toute prospérité et le père du génie. Le travail peut faire plus pour faire progresser à la jeunesse que ses pères propres,  plus riches qu’ils soient.  Le travail est représenté dans les économies les plus humbles et il a établi les fondements de chaque fortune. C'est le sel qui donne sa saveur à la vie mais on doit l’aimé avant qu'il puisse donner sa plus grande bénédiction et obtenir ses réalisations maximales. Quand  on l’aime, le travail rend douce, déterminée et  fructueuse la vie ".

Le véritable Maçon ne naît pas, il se fait. Nous devons continuer à travailler, mais avec davantage de bravoure dans toutes les sphères et à tout niveau dans la formation des nouveaux et d’avantage de massons, jusqu'à obtenir une majorité significative qui permet de changer la tendance vers un monde meilleur dans toute l'humanité.

Pour notre cas colombien, il est évident que nous devons étudier plus soigneusement quelle a été l'orientation de l'éducation colombienne, comment on a adopté les politiques publiques dans ce secteur, quels ont été les apports dès les différents courantes politiques et sociales, et quelles sont les alternatives de solution pour les déficiences graves que nous avons actuellement du point de vue qualitatif et quantitatif, mais principalement pour définir le sens de l'éducation, ses buts et objectifs.

Merci beaucoup.

Jaime Castille Camacho.
Le grand Chancelier

 

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