Thème : De
la Théorie à la Pratique
La Grande Loge du Nord de la Colombie partage
l'approche d’apres laquelle l'éducation est l'alternative
principale pour atteindre un développement humain plus
harmonieux, plus véritable, pour faire reculer la pauvreté,
l'exclusion, les incompréhensiones, les oppressions, le
fanatisme et les guerres. L'éducation, la science et la
technologie sont des facteurs essentiels dans la route vers la
paix et le développement humain avec équité.
Si
on étudie la signification de l’éducation à travers notre
histoire, si on analyse les propositions qui ont été posées,
les polémiques qui ont été dégagées, et les débats publics qui
ont été effectués, on trouvera que ceux-ci sont des éléments
indispensables a fin de créer des propositions viables et
concrètes pour le présent, et sont les bases pour projeter le
futur, avec l'objectif central de considérer l'éducation comme
un but national et universel.
Ce
n’est que de cette manière que l'éducation pourra répondre le
défi transcendantal auquel elle fait face à l'heure actuelle,
c'est-à-dire, au dépassement des grandes tensions d'aujourd'hui
entre ce qui est local et ce qui est mondial, entre ce qui est
universel et ce qui est singulier, entre la tradition et la
modernité, entre le long terme et le court terme, entre la
concurrence nécessaire et la préoccupation pour l'égalité
d'opportunités, entre le développement extraordinaire des
connaissances et la capacité d'assimilation de l'être humain, en
fin, entre ce qui est spirituel et ce qui est matériel.
Pour
analyser les antécédents, construire le présent et projeter le
futur, on doit se demander : Quel est le véritable sens de
l'éducation? Quelle signification a pour nous comme êtres
humains?, Compatit ce niveau d'instruction élémentaire avec une
aspiration réellement éprouvée ?.
L'éducation à travers le temps a été touchée par les tendances
économiques des peuples. Actuellement pour la majorité des
analystes le modèle de développement néo-libéral est
incompatible avec le renforcement nécessaire des secteurs
sociaux du développement. Mais la Banque Mondiale le considère
d'une autre manière: "Le bon fonctionnement des marchés génère
de sorte habituelle et naturelle une justice sociale plus
grande". La distance entre les citations des experts et la vaste
réalité sociale augmente apparemment de plus en plus. Le
néo-libéralisme privilégie le marché sur l'état et encourage
l'insertion internationale en dépi d'une fragmentation sociale
énorme. Celui-ci considère que la croissance économique mène au
développement et à l'équité sociale, proroge la solution des
problèmes d’inégalité et pauvreté avec l'illusion que la libre
concurrence donne lieu à une plus grande justice sociale. On ne
doit pas globaliser la pauvreté, l'analphabétisme, le chômage,
le fanatisme, l'exclusion sociale. Globalisons le bien-être, la
liberté, l'égalité et la fraternité. Les pays développés doivent
conduire leurs efforts vers la généralisation d'une vie digne,
que celle-ci soit une valeur pour le service de tous. La
globalisation a fait dévoiler des résultats pas du tout
satisfaisants, apercevons quelques indicateurs : la
participation dans les revenus du 20% plus riche de la
population mondiale est de 87% lorsque dans la décennie des
années soixante elle était de 60%. Le coefficient d'inégalité ou
de Gini a gravement monté entre la décennie du 60 et celle du
90, est passée de 0.69 à 0.87. Quand l'espoir de vie en Sierra
Leone est de 33.6 ans, au Japon c’est de 79.8 ans. Quand
l'alphabétisation dans les pays riches atteint presque à 100%,
en Níger elle est de 13%. Quand en Ruanda le revenu par
habitant est de US352, à Luxembourg il est de US34.153. Si
l'indice de développement humain, selon l'ONU, renvoie à trois
aspects : éducation, niveau des revenus et espoir de vie, alors
Qu'est-ce que nous sommes en train de globaliser?
Celle-ci est la dure réalité, la question indispensable est
donc, Comment devons-nous entreprendre le chemin pour changer
cette situation, depuis notre Ordre Maçonnique, et chercher le
bien-être et le sens de la vie pour tous ?
La
réponse est dans le facteur éducation, l'éducation dès son
fondement plus élémentaire est le pilier essentiel pour la
formation du nouveau citoyen. Dans la Maçonnerie nous
considérons qu'en travaillant sur l'éducation la transformation
de l'homme peut s’effectuer pour arriver à une humanité plus
civilisée.
L'éducation pour le nouveau millénaire doit être fondée sur les
cinq piliers que propose l'UNESCO : Apprendre à connaître,
apprendre à vivre ensemble, apprendre à vivre avec les autres,
apprendre à être, et apprendre à faire.
Apprendre à connaître.
Ceci a une grande importance, il ne s'agit pas seulement
d'amasser une information, mais de chercher la signification des
choses. Il s’agit que la personne est capable de penser, être
interrogée, de s'inquiéter, de prendre des décisions et
d'arriver à des conclusions. C’est donc, d’arriver à la
connaissance. En Maçonnerie nous acceptons comme vérité, tout ce
qui peut être prouvé par la science, l'expérience, ou démontré
par l'intelligence, autrement dit, la faculté de pénétrer dans
la cause des choses le plus profondément possible. Plus on
analyse et pénètre la chose étudiée, plus on est véridique,
raisonnable.
Apprendre à vivre ensemble.
Comme le dit notre liturgie de premier degré, le degré
d'apprenti : "L'homme doit connaître, aimer et respecter à ses
confrères. En les connaissant il prendra chaque homme par un
frère, égal dans des passions et faiblesses et par conséquent
vulnérable et manquant d'appui ou d'enseignement. Il doit les
aimer, c'est-à-dire, s'efforcer à détruire la superstition et le
fanatisme... Il doit aussi les respecter, en ne limitant jamais
l'exercice légitime des droits ou le développement rationnel des
facultés d'un proche, pour que le progrès indéfini de l'humanité
ne soit pas arrêté ".
Apprendre à vivre avec les autres.
Ici c’est décisif le sujet de la laïcité dans l'éducation. Comme
le dit la charte de Curitiba, signée au Brésil dans le cadre de
la seconde Conférence Maçonnique Américaine - COMAM - le 19
février 2006 e:.v :. : "Les états doivent être laïques, en
procurant ou en maintenant dans leurs constitutions et lois, des
principes qui permettent la coexistence pacifique de toutes les
doctrines. Que la formation de personnes avec liberté de
conscience sans preconcept soit une réalité, pour qu'ils
puissent être des citoyens libres et ouverts à un idéal de paix
et liberté entre les peuples ".
Apprendre à vivre ensemble, apprendre à vivre avec les autres.
Il ne s'agit pas de la société utopique sans conflits. Le
conflit et la violence sont composants de la condition humaine
qu'on peut naturellement adoucir par l'utilisation de nos élans,
si naturels comme, ceux de la coopération et la fraternité. Il
s'agit d'apprendre à analyser et à dépasser les conflits. Les
statistiques apprennent qu'en Colombie durant les dernières 25
années 500 mille homicides se sont présentés. Aura notre
éducation l'obligation de réfléchir sur cette tragédie et
apporter des alternatives de solution ?
Apprendre à être.
Dans notre liturgie du degré d'apprenti maçon on se demande :
"Ce que l’homme se doit a lui-même ", ayant comme réponse :
"L'homme a le devoir avec lui-même d'étudier, d'être instruit,
procurer son développement physique, moral et intellectuel. Nous
devons faire l’effort d’arriver à nous connaître à nous-mêmes,
pour corriger nos défauts et faiblesses, et encourager notre
dignité, de sorte qu’on possède conscience absolue de nos
obligations et nos droits, a fin de réclamer ceux-ci avec
énergie et puissance et n’excuser jamais l'accomplissement de
celles-là ".
Une
approche de la pensée philosophique, appelée "le Réalisme
Esthétique", fondée en 1949 dans la ville de New York, par le
philosophe américain Eli Siegel, soutient qu'il y a quatre
principes de base que toute personne doit savoir et comprendre
pour pouvoir être accompli comme personne. Avec la connaissance
de ces principes de base on peut éliminer dans l'humanité
l'injustice, la violence, le racisme, le fanatisme,
l'intolérance...., etc.
1. -
Le désir plus grand de toute personne est celui d'aimer le monde
sur une base honnête ou juste.
2. - Le plus grand détriment pour une personne est d'éprouver
mépris par le monde et ce qu'il y a dedans.
3. - Le mépris est défini comme faire diminuer ce qui est
différent de soit-même, comme un moyen de se faire plus grand.
4. - Toute beauté est de faire l'union de ce qui est opposés,
et lier les opposés c’est ce que nous essayons d'obtenir
toujours dans nous-mêmes.
Le
Réalisme Esthétique soutient que le monde, l'art, et l'être
humain s’expliquent l’un à l'autre; chacun est l'unité
esthétique des opposés. Étant compris par unité esthétique
l'union harmonieuse, sans conflit et qui s’accordent entre eux
pour travailler ensemble, bien que contraires par nature.
La
Maçonnerie a toujours eu comme norme de conduite, ce qui est
juste, ce qui est beau et ce qui est vrai. Celle-ci est en
principe une institution absolument formatrice, enseignante par
excellence, consacrée à travers les siècles à la tâche noble et
généreuse de former un type idéal d'homme cultivé, solidaire,
fraternel, tolérant, amant de la vérité et la beauté, libre de
préjugés et dogmes.
Apprendre à faire.
Mais la seule connaissance n'est pas suffisante, on ne fait rien
de savoir beaucoup de choses, si on ne met pas en pratique ces
connaissances. Nous devons passer de la théorie à la pratique,
de la théorie à l'action. Pour cela le bijou essentiel du maçon
dans le Tall : C’est le mandil, symbole d'amour au travail, de
dépassement, de joie par le devoir accompli. La méthode de
travail maçonnique représente un des meilleurs instruments du
perfectionnement humain. Ce qui veut dire que la maçonnerie
n'est pas seulement théorie, elle est aussi pratique, on parle
avec des faits, avec des actions. Être un bon maçon n’est pas
seulement celui qui étudie, mais celui qui fait des recherches
et écrit, on a besoin que son esprit philanthropique et
caritatif pousse. En maçonnerie le travail est symbolique,
philosophique, spirituel mais réel, il faut mettre en pratique
ce qui est étudié et on apprend dans les loges, l’apporter à la
famille, à son travail, à la société en général. Les maçons
travaillent dans des loges en échangeant des avis divers pour
se créer un critère, et ensuite à l'extérieur les massons
transmettent ses idées au monde profane.
La
philosophie la plus pratique, belle et fonctionnelle du monde ne
produit pas de fruits, ne produit pas de résultats toute seule,
c’est lettre morte si on ne la met pas en place, c'est-à-dire,
si elle n'aboutit pas dans l'action transformatrice, dans le
travail créatif. L'éducation comprend beaucoup de terrains, mais
n’en cultive rien. Un anonyme a laissé la raisonnement suivant
: "Le travail est la base de tout commerce, la source de toute
prospérité et le père du génie. Le travail peut faire plus pour
faire progresser à la jeunesse que ses pères propres, plus
riches qu’ils soient. Le travail est représenté dans les
économies les plus humbles et il a établi les fondements de
chaque fortune. C'est le sel qui donne sa saveur à la vie mais
on doit l’aimé avant qu'il puisse donner sa plus grande
bénédiction et obtenir ses réalisations maximales. Quand on
l’aime, le travail rend douce, déterminée et fructueuse la vie
".
Le
véritable Maçon ne naît pas, il se fait. Nous devons continuer à
travailler, mais avec davantage de bravoure dans toutes les
sphères et à tout niveau dans la formation des nouveaux et
d’avantage de massons, jusqu'à obtenir une majorité
significative qui permet de changer la tendance vers un monde
meilleur dans toute l'humanité.
Pour
notre cas colombien, il est évident que nous devons étudier plus
soigneusement quelle a été l'orientation de l'éducation
colombienne, comment on a adopté les politiques publiques dans
ce secteur, quels ont été les apports dès les différents
courantes politiques et sociales, et quelles sont les
alternatives de solution pour les déficiences graves que nous
avons actuellement du point de vue qualitatif et quantitatif,
mais principalement pour définir le sens de l'éducation, ses
buts et objectifs.
Merci beaucoup.
Jaime Castille Camacho.
Le grand Chancelier