Montreal/2006

Thème : De la Théorie à la Pratique

Le devoir de Puissances Maçonniques Souveraines ne serait-il pas, particulièrement à notre époque de grands bouleversements, de se pencher sur les problèmes propres à l'évolution de la F.M. ?

S'il est indéniable qu'à I'extérieur du Temple, nous devons accomplir un travail susceptible de contribuer à l’avènement d’un monde meilleur ; ne serait-il pas grand temps de nous poser certaines questions sur ce qui se passe à l’intérieur de ce même Temple, à analyser ces questions et a y apporter les réponses et remèdes nécessaires.

 

En effet:

 

·La F.M. actuelle ne devient-elle pas trop politisée et ne se vide-t-elle pas de son sens qui est de répandre la lumière et de rassembler ce qui est épars ?

 

Si c'est le cas, pourquoi de nouveaux FF .'. et SS .'. viendraient-ils rejoindre nos colonnes si le contenu de nos travaux est le même que dans les clubs ou partis politiques profanes.

 

S'il est vrai qu'il ne faut pas considérer la politique comme une activité sans valeur car tout être humain est concerne par la vie commune, par le destin commun et par les affrontements communs, il ne faut surtout pas oublier que le devoir de la F.M. est avant tout de se construire et de construire, donc de participer a la politique dans un but humaniste et non dans celui de se faire des relations en vue de construire sa propre puissance et sa propre fortune.

 

Il ne faut pas se voiler la face car les imposteurs existent en loge comme ailleurs, partis politiques, syndicats, organismes humanitaires, églises. Or dans les ateliers qui sont de petites unités, les imposteurs sont particulièrement nocifs car i1s paralysent la pensée libre de ceux-ci et parviennent même parfois a s'emparer de I'atelier.

 

·L'adogmatisme à tout prix ne devient-il pas un dogme ; les FF.·. et SS.'. n'ont­-ils pas le droit de croire en des dogmes si cela leur convient ?

 

La tolérance, la liberté, I'égalité ne manquent-elles pas sur nos colonnes ? Plutôt que de continuer à nous acharner d'une manière quasi viscérale contre les sociétés religieuses accusées de dogmatisme et d'intolérance, ne devrions-nous pas faire notre propre examen ?

 

Nous pourrions peut-être alors nous apercevoir que nous avons transforme notre laïcité chérie principe de séparation de la société civile et de la société religieuse et pour laquelle nous avons combattu en un dogme à part entière.

 

Dogme que I'on voudrait imposer a ceux qui ne pensent pas comme nous « La loge doit être un carrefour d'idées ; ou I'on doit perdre nos certitudes d'avoir toujours raison; où I'on doit perdre ses convictions de classe, où I'on apprend a s'exprimer, à s'affirmer, à s'opposer aux autres et non un endroit où on est métamorphosé ; ou notre esprit est pris en main par le groupe ; il faut être libre et rester libre »! (Jean Verdun)

 

En fait, il ne suffit pas de tonitruer notre tolérance pour être tolérant, il ne suffit pas de vouloir instaurer la paix chez les autres pour être en paix dans nos ateliers, nos obédiences ; il ne suffit pas de dire ce qu'il faudrait faire mais il faut surtout montrer ce que l’on fait ; chose il est vrai bien plus difficile.

 

·L'ouverture, I'extériorisation sur le monde extérieur sont-elles suffisantes ; le secret maçonnique n'est-il pas devenu trop secret, n'est-il pas devenu poussiéreux ?

 

Il faudrait enfin ouvrir un débat sérieux sur I'extériorisation et le secret maçonnique ; les choses ont change depuis 50 ans. A notre époque ou tout est écrit et est disponible en librairie, ne faudrait-il pas réexaminer la réglementation et I'application de ce fameux secret que certains ne suivent pas, dont d'autre en tire profit, que d'autres encore en font une phobie, une manie.

 

En fait, ce soi-disant secret, demi secret ou pas de secret du tout ne no us rend-il pas peu sérieux chez certains profanes ou comme faisant partie d'une secte chez d’autres.

 

·Notre volonté commune d'entreprendre ensemble toutes les initiatives susceptibles de contribuer un tant soit peu à I'avènement d'un monde meilleur fait de Liberté, d'Egalité de Fraternité avec moins de violences, d'exclusions, ne doit-elle pas prendre sa source dans nos familles, nos écoles ?

 

Le savoir être, les attitudes indispensables a I'épanouissement de la personnalité doivent être installes des le plus jeune age dans le vécu d'un enfant.

 

Notre devoir est d'apprendre a nos générations futures a pouvoir choisir en connaissance de cause afin d'éviter les conditionnements conduisant au racisme, a la consommation passive, a I'aliénation intellectuelle.

Une éducation parentale responsable donnera plus facilement au jeune le désir de connaitre; et ce Ile-ci complétée par un enseignement de qualité développera en lui les valeurs de base qui sont : la curiosité intellectuelle, le respect de la différence, la remise en question de ses propres opinions, I'esprit critique, ces valeurs peuvent être améliores durant toute la vie.

 

L'école reste le cœur de notre société, alors pourquoi les programmes scolaires sont-ils aussi éloignés de I'école de la vie.

 

Pourquoi ne pas inscrire I'enseignement du droit et de I'organisation judiciaire et politique dans les programmes scolaires ? Certaines émissions télévisées no us apprennent plus sur la citoyenneté que I'école; est-ce normal de s'en remettre a la télé pour pallier les carences éducatives ? Nous en doutons. Car il y a une énorme différence pédagogique entre école et télévision : dans la première tous sont égaux devant les programmes et I'effort a fournir. Dans la seconde, il n'y a d'égalité que dans la proposition de programmes: les plus démunis choisiront un feuilleton ou une Star AC plutôt qu'un sujet d'information .

           

Pour suivre et rester universelle, la FM a besoin d’hommes et de femmes capables d’évoluer, de travailler sur eux-mêmes, de combattre inlassablement l’injustice, la misère, l’intolérance et I'ignorance et surtout capables de faire passer le sentiment fraternel avant la recherche du pouvoir I'accomplissement des ambitions personnelles. Cet apprentissage sans fin doit être encourage et valorise sans cesse non pas en restant confine dans un univers clos mais par des rencontres et des échanges entre jeunes et moins jeunes de différentes régions, de différentes cultures et surtout de différentes philosophies.

 

Méditons encore et toujours sur la pierre brute que nous sommes et que nous devons entant qu'ouvriers polir et repolir sans cesse.

 

Grand Orient de Luxembourg

H.P.SAULNIER

 

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