Thème : De
la Théorie à la Pratique
Le devoir de Puissances Maçonniques Souveraines
ne serait-il pas, particulièrement à notre époque de grands
bouleversements, de se pencher sur les problèmes propres à
l'évolution de la F.M. ?
S'il
est indéniable qu'à I'extérieur du Temple, nous devons accomplir
un travail susceptible de contribuer à l’avènement d’un monde
meilleur ; ne serait-il pas grand temps de nous poser certaines
questions sur ce qui se passe à l’intérieur de ce même Temple, à
analyser ces questions et a y apporter les réponses et remèdes
nécessaires.
En
effet:
·La
F.M. actuelle ne devient-elle pas trop politisée et ne se
vide-t-elle pas de son sens qui est de répandre la lumière et de
rassembler ce qui est épars ?
Si
c'est le cas, pourquoi de nouveaux FF .'. et SS .'.
viendraient-ils rejoindre nos colonnes si le contenu de nos
travaux est le même que dans les clubs ou partis politiques
profanes.
S'il
est vrai qu'il ne faut pas considérer la politique comme une
activité sans valeur car tout être humain est concerne par la
vie commune, par le destin commun et par les affrontements
communs, il ne faut surtout pas oublier que le devoir de la F.M.
est avant tout de se construire et de construire, donc de
participer a la politique dans un but humaniste et non dans
celui de se faire des relations en vue de construire sa propre
puissance et sa propre fortune.
Il
ne faut pas se voiler la face car les imposteurs existent en
loge comme ailleurs, partis politiques, syndicats, organismes
humanitaires, églises. Or dans les ateliers qui sont de petites
unités, les imposteurs sont particulièrement nocifs car i1s
paralysent la pensée libre de ceux-ci et parviennent même
parfois a s'emparer de I'atelier.
·L'adogmatisme à tout prix ne devient-il pas un dogme ; les
FF.·. et SS.'. n'ont-ils pas le droit de croire en des dogmes
si cela leur convient ?
La
tolérance, la liberté, I'égalité ne manquent-elles pas sur nos
colonnes ? Plutôt que de continuer à nous acharner d'une manière
quasi viscérale contre les sociétés religieuses accusées de
dogmatisme et d'intolérance, ne devrions-nous pas faire notre
propre examen ?
Nous
pourrions peut-être alors nous apercevoir que nous avons
transforme notre laïcité chérie principe de séparation de la
société civile et de la société religieuse et pour laquelle nous
avons combattu en un dogme à part entière.
Dogme que I'on voudrait imposer a ceux qui ne pensent pas comme
nous « La loge doit être un carrefour d'idées ; ou I'on doit
perdre nos certitudes d'avoir toujours raison; où I'on doit
perdre ses convictions de classe, où I'on apprend a s'exprimer,
à s'affirmer, à s'opposer aux autres et non un endroit où on est
métamorphosé ; ou notre esprit est pris en main par le groupe ;
il faut être libre et rester libre »! (Jean Verdun)
En
fait, il ne suffit pas de tonitruer notre tolérance pour être
tolérant, il ne suffit pas de vouloir instaurer la paix chez les
autres pour être en paix dans nos ateliers, nos obédiences ; il
ne suffit pas de dire ce qu'il faudrait faire mais il faut
surtout montrer ce que l’on fait ; chose il est vrai bien plus
difficile.
·L'ouverture, I'extériorisation sur le monde extérieur
sont-elles suffisantes ; le secret maçonnique n'est-il pas
devenu trop secret, n'est-il pas devenu poussiéreux ?
Il
faudrait enfin ouvrir un débat sérieux sur I'extériorisation et
le secret maçonnique ; les choses ont change depuis 50 ans. A
notre époque ou tout est écrit et est disponible en librairie,
ne faudrait-il pas réexaminer la réglementation et I'application
de ce fameux secret que certains ne suivent pas, dont d'autre en
tire profit, que d'autres encore en font une phobie, une manie.
En
fait, ce soi-disant secret, demi secret ou pas de secret du tout
ne no us rend-il pas peu sérieux chez certains profanes ou comme
faisant partie d'une secte chez d’autres.
·Notre volonté commune d'entreprendre ensemble toutes les
initiatives susceptibles de contribuer un tant soit peu à
I'avènement d'un monde meilleur fait de Liberté, d'Egalité de
Fraternité avec moins de violences, d'exclusions, ne doit-elle
pas prendre sa source dans nos familles, nos écoles ?
Le
savoir être, les attitudes indispensables a I'épanouissement de
la personnalité doivent être installes des le plus jeune age
dans le vécu d'un enfant.
Notre devoir est d'apprendre a nos générations futures a pouvoir
choisir en connaissance de cause afin d'éviter les
conditionnements conduisant au racisme, a la consommation
passive, a I'aliénation intellectuelle.
Une
éducation parentale responsable donnera plus facilement au jeune
le désir de connaitre; et ce Ile-ci complétée par un
enseignement de qualité développera en lui les valeurs de base
qui sont : la curiosité intellectuelle, le respect de la
différence, la remise en question de ses propres opinions,
I'esprit critique, ces valeurs peuvent être améliores durant
toute la vie.
L'école reste le cœur de notre société, alors pourquoi les
programmes scolaires sont-ils aussi éloignés de I'école de la
vie.
Pourquoi ne pas inscrire I'enseignement du droit et de
I'organisation judiciaire et politique dans les programmes
scolaires ? Certaines émissions télévisées no us apprennent plus
sur la citoyenneté que I'école; est-ce normal de s'en remettre a
la télé pour pallier les carences éducatives ? Nous en doutons.
Car il y a une énorme différence pédagogique entre école et
télévision : dans la première tous sont égaux devant les
programmes et I'effort a fournir. Dans la seconde, il n'y a
d'égalité que dans la proposition de programmes: les plus
démunis choisiront un feuilleton ou une Star AC plutôt qu'un
sujet d'information .
Pour
suivre et rester universelle, la FM a besoin d’hommes et de
femmes capables d’évoluer, de travailler sur eux-mêmes, de
combattre inlassablement l’injustice, la misère, l’intolérance
et I'ignorance et surtout capables de faire passer le sentiment
fraternel avant la recherche du pouvoir I'accomplissement des
ambitions personnelles. Cet apprentissage sans fin doit être
encourage et valorise sans cesse non pas en restant confine dans
un univers clos mais par des rencontres et des échanges entre
jeunes et moins jeunes de différentes régions, de différentes
cultures et surtout de différentes philosophies.
Méditons encore et toujours sur la pierre brute que nous sommes
et que nous devons entant qu'ouvriers polir et repolir sans
cesse.
Grand Orient de Luxembourg
H.P.SAULNIER