Thème : De
la Théorie à la Pratique
La spécificité maçonnique, c'est le langage
universel du symbole, qui renforce les liens et la compréhension
par-delà les siècles et les mers, et mène a la découverte des
vérités essentielles.
Cette spécificité
en fait non seulement un monument de haute valeur
intellectuelle, mais surtout une lutte contre la vanité,
l'orgueil, nous mène à la croyance en une suprématie.
La démarche
spéculative permet un cheminement fructueux en soi, une remise
en question, un doute générateur d'amélioration, un
enrichissement conscient et inconscient.
Mais que de
pierres à tailler le long du chemin.
Pic de La
Mirandole a écrit :
«Je
ne t'ai donne ni visage, ni place qui
te soient propres, ni aucun don qui te soit particulier. Ô Adam,
afin que ton visage, ta place et tes dons, tu les veuilles, les
conquières et les possède par toi-même ... Toi, que ne limite
aucune borne, par ton libre arbitre entre dans les mains duquel
je t'ai place, tu te définis toi-même.»
Cette démarche
spéculative, si elle est faite avec honnêteté et avec amour,
peut au fıl des ans, devenir une œuvre au rouge, incandescente,
rayonnante, qui transforme le métal intérieur brut en or pur,
débarrassé de toutes les scories qui l’empêchent de s'élever
vers l’idéal.
Cette voie a amené
des Frères à contribuer au bien-être de l'humanité. Citons :
Condorcet, qui se
battait pour améliorer le sort des femmes, des esclaves, des
protestants, pour faire abolir la peine de mort. Il fut
également l'auteur d'un rapport suivi d'un projet de Décret sur
l’Instruction publique, qu'il voulait autonome ;
Henri Dunan créa
cette œuvre toute de fraternité qu'est la Croix-Rouge ;
Et, dans un tout
autre registre, Coluche, qui, avec ses «Restos du cœur
»
tendit la main aux plus déshérités, oubliés de
la société de consommation.
Ils ont traduit en
actes nos principes de « liberté - Egalité - Fraternité ».
Ils ont longuement
taillé leur pierre, et leur action dans le monde profane n'est
que la resu1tante obligatoire et la pointe visible de l'iceberg.
De la théorie a la
pratique pose le problème de savoir ou la Franc-maçonnerie,
celle que nous pratiquons actuellement, puise ses origines dans
la Franc-maçonnerie opérative, celle des constructeurs des
cathédrales, parce que pour nos symboles, nous avons pris les
outils et les techniques utilisées par nos prédécesseurs, les
Francs-maçons opératifs, pour construire cette fois-ci, notre
temple intérieur et une humanité où l'homme est au centre de
tout, une humanité où il fait bon vivre.
Comment l'entité
maçonnique pourrait-elle rester insensible à la dégradation du
tissu social par prolifération des drames pluridimensionnels,
dus à la crise économique déferlante et ravageuse ?
Certaines
obédiences ont dès lors, choisi, surtout la voie opérative et
soutiennent des initiatives sociales qui viennent en aide aux
personnes en situation de précarité. Elles en font le sujet de
planches présentées en Loge, sans pour autant, balayer le
spéculatif. D'autres ont choisi essentiellement la voie
spéculative pour, a travers l'initie, changer le monde.
La
Franc-maçonnerie gagne à avoir un double visage, où l'opératif
et le spéculatif se marient harmonieusement, avec pour fil
conducteur le bonheur et l'épanouissement de tout un chacun, car
nous ne pouvons, nous, abstraire, yeux et mains fermes devant
les drames. Toutefois, si cet engagement opératif devenait
l’unique finalité de la FM, cette dernière verrait se diluer son
essence et son harmonie.
Des lors, au sein
des obédiences purement spéculatives, une réflexion en Loge,
pendant 5 minutes et concernant l'actualité sans couleur
politique, mais avec une portée maçonnique susceptible de
chatoui11er les consciences de ceux qui se sont enfouis au creux
de leur confortable cocon.
Pratiquons, comme
écrit Montaigne: «Il faut ménager la liberté de notre âme et ne
l'hypothéquer qu’aux occasions justes, lesquelles sont en bien
petit nombre.
»
De la théorie à la
pratique dit pourquoi nous sommes rassemblées dans le temple.
Sans doute, a cause de l'engagement que nous avons conclu un
jour vis-à-vis de nous-même et de nos SS pour suivre un long
chemin ardu, suivant une ligne pas toujours droite.
Un secret nous lie
désormais, car nous dit Jankélévitch : « il n'y a pas de secret
s'il n'y a pas de communion dans le secret.
»
et
il ajoute : « s'il y a secret il y a confidence, c'est-à-dire,
confiance.
»
Le double visage
du secret, fermé au-dehors, ouvert au-dedans, entraîne une
certaine complicité pour ceux qui en sont porteurs. C'est notre
force et notre union sur quoi nous devons nous appuyer.
Toutes actions en
Loge, toutes les planches que nous y pressentons doivent nous
permettre de nous guider, cultiver en nous la vraie fraternité,
et développer entre nous plus d'amour et de solidarité, et
surtout favoriser le perfectionnement des SS, et tendre vers
l'amélioration des conditions de vie de la société.
«
Poursuivons au-dehors l'œuvre commencée dans le Temple ! » J'ai
dit.