ÎN GLORIA MARELUI ARHITECT AL
UNIVERSULUI
MAREA
LOJĂ FEMININĂ A ROMÂNIEI
ASOCIAŢIE LEGAL CONSTITUITĂ CONFORM DECIZIEI NR. 139/PJ/2004 DIN
30.06.2004
JUDECĂTORIA SECTOR II BUCUREŞTI
“45
ans de CLIPSAS – Bilan et perspectives”,
Je ne vous ferai pas l’affront de vous donner ici la
signification des sept lettres qui composent le sigle de notre union
fraternelle, ni de relire devant vous ce qui a été la déclaration de
principe de notre Ordre.
Mais depuis 1961, les mois et les années ont passé,
d’autres sigles sont apparus, d’autres union fraternelles se sont
crées de par le monde, autour de concepts aussi différents que des
délimitations géographiques, de particulières options locales,
d’union autour d’un concept nouveau, d’une union entre des GL d’un
même pays ou de plusieurs pays…et j’arrête ici mon énumération car
on ne peut qu’être frappé par la multiplication, pratiquement de
jour en jour, des appellations nouvelles, des sigles, des
déclarations se réclamant toutes de la FM ou d’un certain concept de
la FM.
En relisant notre histoire, du moins ce que notre
site Web nous en apprend, par deux fois nous avons choisi pour thème
« de la théorie à la pratique ».
A Santiago, en 2004, au cœur de ce thème, un de nos
Frères se posait la question « Comment réunir ce qui est épars » et
recommandait à chaque maître maçon de connaître a fond l’Art Royal,
d’être à l’écoute d’autrui et de rechercher la réalité dépouillée de
ses dehors séduisants.
En 2005, l’un des rapports se demandait si : « Pour
être attrayante la FM doit elle sentir le souffre ou l’espérance ».
Enfin plus près de nous, en 2006 à Montréal, une
autre fois sous le thème de la théorie à la pratique, un de nos
Frères se demandait si le devoir de la FM n’était pas de se pencher
sur ses propres problèmes d’évolution.
Nos préoccupations se penchaient ainsi sur les
conceptions et les travaux à l’intérieur de nos Temples et notre
nécessaire action, théorique et pratique dans le monde profane.
Certains qualifierons ces recherches de
« nombrilisme », et sans doute faut-il y voir une part de vérité,
car à ressasser toujours des thèmes concernant les théories et ce
que devrait être en pratique l’action de la FM, on passe souvent au
second plan, et parfois on oublie, de bonne foi, d’agir
effectivement sur les réalités concrètes qui nous entourent et
d’essayer de changer quelque chose dans la face du monde et peut
être avant tout de changer quelque chose dans NOTRE Monde.
Mais comme le dit si bien le proverbe, « charité
bien ordonnée commence par soi même ». Et bien donc, si nous
voulons apporter la Liberté, l’Égalité, la Fraternité en ce monde,
n’est-il pas juste de commencer par implanter ces notions chez nous,
de faire ce qu’il faut pour que ces trois notions règnent réellement
chez nous, non seulement au fronton de nos temples et comme
exclamations de nos rituels, mais aussi dans la réalité concrète de
nos jours, entre toutes les obédiences et tous les mouvements
maçonniques de ce monde.
Suivons les réflexions de nos colloques antérieurs :
mes Frères et mes Sœurs, peut-on se demander si chacun d’entre nous
connaît à fond l’Art Royal ? Non, je ne me moque pas, notre Frère en
2004 a bien écrit « à fond », ce qui, a bien l’entendre, ne veut
sans doute pas dire de savoir réciter nos Constitutions par cœur,
mais d’en être suffisamment mentalement imprégnés pour ressentir le
besoin impératif de les appliquer quotidiennement dans la vie. Car
pour réunir ce qui est épars, il faut effectivement être à l’écoute
de l’autre, et être convaincu de la nécessité de construire un
« Centre de l’Union qui soit le moyen de nouer une amitié fidèle
parmi des personnes qui auraient pu rester à une perpétuelle
distance. » Mais, délibérément, ne restons nous pas à une certaine
distance ? N’imposons nous pas entre nos obédiences et les
« autres », -« une certaine distance »- pour des raisons qui, vues
de l’extérieur, ont plus ou moins de valeur profonde?
Il vaut mieux en effet sentir plutôt l’espérance que
le souffre, car c’est la conviction intérieure dont nous sommes
capables qui crée l’espérance, et l’espérance est le premier pas
vers l’acte, vers le désir de réalisation. Et c’est peut-être là,
les problèmes les plus importants de l’évolution de la FM. de notre
évolution, de l’évolution de nos mentalités de maçons d’aujourd’hui.
Sortir du cocon bien calfeutré de nos convictions obédientielles,
d’idées toutes faites que nous avons installées autour de nous, et
qui peu à peu ont créé des barrières qui séparent et qui morcellent
ce Centre de l’Union que devrait être idéalement la FM. Il ne
faudrait pas, qu’à l’exemple de ceux qui ont cru avoir le droit de
nous exclure, nous devenions moins tolérants et remplis de moins
d’esprit fraternels.
Faire preuve de compréhension, savoir dialoguer et
réduire ces « distances », faire des mots tolérance, fraternité,
liberté des mots qui gouvernent nos comportements, tel doit être
notre maxime de vie de maçon.
C’est la raison profonde de notre engagement à
développer nos relations extérieures et interobédencielles. Les
rencontres régulières entre les Grands Maîtres et les Grandes
Maîtresses des autres Obédiences Maçonniques, les débats en cours
pour tenter de séparer le bon grain de l’ivraie au sein d’un paysage
maçonnique morcelé tant du point de vue national et
qu’international, ces débats doivent nous conduire, avec la ferme
volonté de tous, vers l’espoir d’une période de fraternité
retrouvée.
N’est-ce pas là l’objectif que des Frères se sont
fixé à Strasbourg en 1961 ? Mais pour le réaliser, comme l’a dit
notre Frère à Santiago, une démarche individuelle n’est pas
suffisante. Seul un engagement par une démarche collective des
obédiences nous permettra d’atteindre l’idéal que nous nous sommes
fixés, non seulement au sein des obédiences participantes, mais
surtout de celle qui ne sont pas ici aujourd’hui et qu’il faudra
convaincre, j’allais dire par notre apostolat, car cela veut bien
dire notre volonté de convaincre et de faire participer a ce
mouvement d’union de la FM toutes les Obédiences avec la foi de
Frères et de Sœurs de bonne volonté.
Permettez moi, une fois de plus, de mettre les
« points sur les i », d’essayer, à grands coups de maillet de faire
progresser l’idée de l’UNION qui a été la PENSEE INITIATRICE de la
réunion de Strasbourg.
Si nous voulons que CLIPSAS devienne vraiment une
entreprise de construction, si nous sommes profondément convaincus
de la nécessité de l’union de la FM, cessons de clamer nos
particularismes, enterrons ce qui parasite tout ce qui empêche le
moindre rapprochement entre les Obédiences, faisons fi, des mots qui
nous séparent, de régulier, d’irréguliers, de dogmatiques de
dogmatiques, de laïques et j’en oublie beaucoup ! Essayons
d’attirer dans les filets de notre Fraternité toutes les Grandes
Loges, toutes les organisations Maçonniques, essayons de les faire
participer a cette « démarche collective » décrite déjà dans
l’Article I des Constitutions d’Anderson un Centre d’Union « entre
des hommes de bien et loyaux, des hommes d’honneur et de probité,
laissant à chacun ses propres opinions ». Il faut être
convaincus que seul cette voie assurera l’avenir de la FM
universelle et que notre rôle et notre action est fondamentale pour
rendre possible cette Union. C’est aussi ainsi que le CLIPSAS peut
s’imposer à l’universalité maçonnique comme « Maître d’œuvre »,
faire faire un grand pas vers l’IDÉAL que d’aucuns qualifient
d’utopiques. La Fraternité, - si Fraternité il y a -, peut
renverser des montagnes et créer ce Centre d’Union, conviction qui,
un jour, nous a fait gravir les marches de nos temples.
C’est là, mes Frères et mes Sœurs, l’avenir que nous
souhaitons au CLIPSAS.
En ce qui concerne la Roumanie, le 85ème.
Anniversaire de la fondation de notre Obédience a été dignement
célébré dans tout le pays. Conférences à Arad, à Cluj, à Constanta,
à Iasi, à Bucarest ont permis de donner la dimension des convictions
de notre Grande Loge dans les réalités quotidiennes.
La réhabilitation nécessaire de la FM roumaine,
engagée depuis ces dernières années, devrait se concrétiser par le
retour à sa dimension naturelle, par l’émancipation des consciences
et la libération des individus par la démarche initiatique et
l’engagement citoyen.
Fidèles à nos principes, fidèles au R.E.A.A., nous
refusons de nous laisser enrégimenter par des organisations
politiques, mais nous sommes résolument engagé « pour la cité » et
n’excluons pas de nos débats la réflexion sur les causes et les
conséquences de la situation d’aujourd’hui. Véritablement engagés
contre tout ce qui ronge notre démocratie, nous ne pouvons cependant
pas écarter toute inquiétude devant les querelles intestines des
organisations politiques tentant d’ouvrir une nouvelle fois la voie
pour le maintien d’une oligarchie plus préoccupée par ses propres
intérêts que par le souci d’assurer le bien être de la famille
roumaine.
Il nous appartiendra sans doute d’aider par notre
réflexion et nos actions à construire un nouvel espace citoyen
digne. De répondre a ceux qui souffrent, aux exclus de la
ségrégation sociale, à ceux qui sont les victimes de l’injustice
sociale, à ceux qui n’ont plus que l’espoir d’une vie plus heureuse
et plus juste vécue dans un partage équitable. Défendre le service
public, une juste éducation, l’accès de tous aux soins élémentaires,
à l’eau potable, à l’électricité, à la salubrité.
Par là, la réhabilitation de l’image de la FM doit
se poursuivre. Les efforts engagés pour relancer la profonde
doctrine philosophique pour permettre à l’Humanisme de rencontrer de
véritables adeptes, et affirmer la place centrale de la Chaîne
d’Union dans le paysage de la recherche maçonnique. Il faut redonner
à notre Ordre son vrai visage, de lui rendre son image de dignité
chevaleresque. Il faut trouver autant d’outils qui permettent cette
action en profondeur et l’engagement des Frères et des Sœurs en
adéquation avec leurs serments d’assurer leur rôle dans la société
d’aujourd’hui pour que demain le monde soit meilleur à vivre pour
tous.
Anca Nicolescu
Grande Maîtresse
G\L\F\R\
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